Position française face à l’hypothèse de Victor Orban comme Secrétaire Général de l’ONU - Réponse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, à une question au gouvernement, en séance publique, au Sénat

  • Nations unies

Interventions au Parlement

Le : 28 octobre 2026

Monsieur le Président, 

Mesdames et Messieurs les Sénateurs, 

Monsieur le Sénateur Stéphane Demilly, 

Permettez-moi, avec l'accord du Premier ministre, d'exprimer la solidarité du gouvernement avec l'Espagne, endeuillée ce matin par une catastrophe ferroviaire épouvantable qui a d'ores et déjà fait plus de 68 morts. Notre ambassade sur place est en lien avec les autorités locales pour leur apporter toute l'assistance qu'elle le peut. 

S'agissant de votre question, non. Le poste de secrétaire général des Nations Unies n'a pas vocation à être le lot de consolation d'un dirigeant battu dans les urnes, chassés par son peuple, alors que Marine Le Pen elle-même était venue faire sa campagne à Budapest en personne en mars dernier. Et non, la France ne saurait accepter que les Nations Unies, cette organisation qu'elle a cofondée au service de la paix, du développement, des droits de l'Homme, puissent être dévitalisée au fond, paralysée par des grandes puissances qui préféraient avoir les coups des franges pour imposer la loi du plus fort. D'abord parce que c'est notre vision, vous l'avez rappelé, de l'ordre international fondé sur les règles, fondé sur le droit, garantissant la justice et la liberté pour tous les peuples du monde, mais aussi et sans doute surtout parce que c'est notre intérêt, tant il est illusoire de penser qu'on pourrait protéger les Françaises et les Français contre les risques de la guerre, de l'intelligence artificielle, du dérèglement climatique ou des pandémies, sans la coopération internationale, sans le multilatéralisme que permettent les Nations Unies. 

Et c'est la raison pour laquelle la France ne ménage aucun effort, comme membre permanent du Conseil de sécurité, pour réformer les Nations Unies, les rendre toujours plus légitimes, plus représentatives : c'est l'objectif de l'initiative que je porte pour encadrer le droit de veto des membres permanents du Conseil de sécurité pour que les populations civiles au Soudan, en Ukraine, à Gaza ou même en Iran puissent être protégées lorsqu'elles sont prises pour cibles, par les Nations Unies. Vous voyez, ce que nous attendons du futur secrétaire général, c'est qu'il puisse réformer les Nations Unies pour mieux les conforter et certainement pas les discréditer pour mieux les enterrer.

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